Monsieur le Premier
Ministre,
Depuis 1966, la France a quitté les structures militaires de l'OTAN tout en restant membre des instances politiques de l'Alliance Atlantique. La France est restée
amie des Américains, sans leur être subordonnée.
Cette position originale, confirmée par François Mitterrand en 1981, fait consensus dans notre pays depuis 43 ans. Elle a permis de garantir la crédibilité de notre dissuasion nucléaire et de
préserver notre autonomie de décision diplomatique et militaire.
Elle ne nous a pas empêché de faire participer nos forces à certaines opérations militaires de l'OTAN ni d'obtenir, au Kosovo, un droit de regard sur les frappes aériennes.
Enfin et surtout, la France a joué un rôle, très utile, de pont entre l'Alliance et les pays non-alignés, en Asie, en Afrique, dans le monde arabe. La rupture que le Président Sarkozy veut
imposer nous fera perdre la position originale et privilégiée qui est la notre et ne nous fera rien gagner, au contraire.
Car vous n'avez exigé aucune réforme de l'OTAN, vous n'avez obtenu aucune garantie, aucune contrepartie.
La défense européenne, qui n'a fait aucun progrès réel ces dernières années, en sera encore plus fragilisée. Notre influence dans le monde sera diminuée. Pire, nous courrons le risque d'être
entrainés, malgré nous, dans des croisades occidentales qui alimentent le choc des civilisations, alors que notre indépendance nous permettrait de favoriser le dialogue des cultures.
Alors, M. le Premier Ministre, pourquoi, par cette rupture, briser un consensus qui est un atout pour notre pays ? Pourquoi banaliser la France ?
Pourquoi compromettre l'avenir de la défense européenne ? Pourquoi, M. le Premier Ministre, lâcher la proie pour l'ombre ?
Par Clarté, Courage, Créativité 93
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Publié dans : Actualité
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